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News - 03 décembre 2020

3ème volet de l'enquête Made in France menée par Insign

86% de dirigeants affirment que la relocalisation industrielle est la solution gagnante pour notre économie mais 67% remettent en cause la complexité de la Loi Travail qui fragilise les entreprises

Après les deux premières enquêtes menées par Opinion Way pour l’agence Insign sur l’intérêt des consommateurs pour le Made in France, l’agence Insign a interrogé cette fois-ci les dirigeants sur leur moral actuel en contexte actuel de crise sanitaire et économique et l’intérêt qu’ils portent au sujet de la relocalisation industrielle, tandis que le gouvernement accélère sur le sujet et que le Made in France retrouve de l’attractivité auprès des consommateurs.

Malgré un contexte économique et social complexe, des dirigeants au moral globalement confiant

Pour 3⁄4 des répondants, les entreprises françaises s’en sortent mieux que prévu dans le contexte actuel.
82% des dirigeants ont globalement confiance en l’engagement de leurs salariés, voire sont très confiants pour 43% d’entre eux. Ils ont aussi confiance en l’avenir de leur entreprise (70%). Sur la confiance accordée aux institutions et à l’économie, sans surprise, elle diminue : seulement 57% des chefs d’entreprises ont confiance en l’État et en les aides qu’il accorde et ils ne sont que 46% de sondés à avoir confiance en notre économie.

Selon les dirigeants, ce qui permet aux entreprises françaises de résister dans le contexte actuel, réside dans leur capacité à produire des produits de bonne qualité (69%). Cette résilience est aussi rendue possible grâce à la motivation et l’implication des salariés (52%), une force qui va de pair avec les bonnes conditions salariales mises en place (43%). Ils omettent ou n’ont pas à leur connaissance le soutien que souhaitent leur apporter les consommateurs en cette période de crise sanitaire et économique. Interrogés au début de la crise, au printemps 2020, les consommateurs expliquaient leur soutien au consommer français par une volonté patriotique de soutenir l’économie française, démontrer leur engagement aux côtés des producteurs locaux et leur volonté de soutenir l’emploi (76%). La qualité des produits vient en seconde place. Consommer français est un acte civique. A noter, 18% des entreprises estiment que leurs efforts entrepris pour la réduction de leur empreinte carbone est aussi une force dans le contexte actuel.

La relocalisation industrielle, une piste qu’il faut poursuivre d’explorer

A l’inverse, les points faibles qui fragilisent les entreprises selon les dirigeants sont : la complexité de la loi du Travail, cités par 67% d’entre eux, les prix pratiqués trop élevés (44%) et le ratio de rendement qualité / prix moins bons que dans d’autres pays (28%). Sur ce qui pourrait améliorer la situation économique du pays, 86% de dirigeants affirment que la relocalisation industrielle sur le territoire national est la solution qui pourrait améliorer positivement notre économie. La relocalisation industrielle apporterait son lot de solutions.

Parmi les principaux avantages avancés par les dirigeants :

  • Une économie substantielle de frais (logistiques, taxes d’importation, frais de transports) pour 60% des sondés
  • De la création d’emploi (48%)
  • La valorisation du savoir-faire français (38%)
  • Une réduction signification à la dépendance aux fournisseurs étrangers (37%)
  • Un impact positif pour l’image de l’entreprise (34%)

A noter, 27% des dirigeants sont sensibles à l’amélioration de l’empreinte carbone de leur entreprise permise
par la relocalisation industrielle.

Une démarche et une action de l’État jugée trop timide sur la relocalisation industrielle

Depuis un an, le gouvernement a remis à l’ordre du jour des discussions le sujet de la relocalisation industrielle, pourtant son discours et son action ne convainquent qu’à moitié les dirigeants. Ils sont seulement 56% à considérer que l’État met tout en œuvre pour aider les entreprises à relocaliser leur activité en France. Ils sont 38% à attendre de l’État une action concrète en faveur de baisses et d’allégements voir de suppressions de taxes, charges et impôts. Fait surprenant, alors que 19% de dirigeants sondés n’ont pas d’idées sur ce qui pourraient encourager la relocalisation industrielle seulement 15% d’entre eux réclament des aides supplémentaires sur le
sujet.

Et lorsque le projet de relocalisation se dessine, les actions premières à engager sont pour 29% des dirigeants l’appel à une collaboration avec des fournisseurs locaux et la fermeture de centres de production à l’étranger pour la construction de mêmes lieux en France (26%). De manière concrète, 40% de dirigeants affirment avoir d’ores et déjà commencé à relocaliser leurs activités en France quand 52% affirment qu’ils appliquaient déjà la production industrielle localisée en France. 32% de chefs d’entreprises déclarent d’ailleurs faire plus appel à des fournisseurs français depuis la crise sanitaire. 91% d’entre eux sont satisfaits de leur collaboration avec un fournisseur français voir très satisfaits pour 40% d’entre eux. A l’inverse, seulement 6% de chefs d’entreprises n’ont pas changé leurs pratiques et continueront de produire à l’étranger.

Actuellement 47% des entreprises privilégient des fournisseurs locaux et 20% envisagent de revoir leur carnet de fournisseurs pour des interlocuteurs basés sur le territoire national. Pour cette part de répondants et celle qui n’envisage pas de relocaliser l’essentiel de leur production, les raisons qui expliquent l’appel à des fournisseurs étrangers se justifient par le rapport qualité / prix des produits, pièces fabriquées à l’étranger (28%), une diversification des produits et services proposés (18%), la disponibilité immédiate des produits (15%) ou encore le prix proposé qui est plus intéressant que celui appliqué par un fournisseur français (11%).

Le Made in France, un accélérateur économique pour l’entreprise

Concernant l’attractivité d’une charte garantissant le caractère « Made in France » d’un produit ou d’un service, 73% des chefs d’entreprises pensent que leurs clients pourraient payer plus cher pour acquérir leurs produits si une telle charte leur était appliquée. D’ailleurs, 69% des dirigeants, ayant l’essentiel de l’activité de leur entreprise basée en France, observent une accélération de leur chiffre d’affaires liés au Made in France.

Cette observation va dans le sens de l’un des enseignements du 2e volet de l’enquête menée par l’agence Insign sur le Made in France, 64% de français estimaient avoir augmenté leur consommation de produits français depuis l’épidémie de Covid et se disaient prêts à y consacrer un budget plus élevé. A titre d’exemple, 67% des français déclaraient en effet être prêts à payer 40% de plus pour un tee-shirt Made in France. Cette tendance devrait perdurer dans les mois à venir. Parmi ceux acquis à la cause du « consommer français » depuis l’épidémie, 96% des consommateurs interrogés en fin d’année dernière envisageaient déjà de consommer au moins autant qu’avant des produits français voir plus.

Lorsque l’on étend le sujet au plan européen, 74% des chefs d’entreprises interrogés pensent que la mise en place d’un label Made in Europe constituerait un avantage compétitif pour les entreprises implantées dans la zone. D’ailleurs, 56% des entreprises utilisent déjà cet argument dans leur discours commercial.

Et un avantage compétitif pour l’image de marque de l’entreprise

Si l’on revient sur le Made in France, sur les critères qui font qu’une marque est 100% française, les dirigeants interrogés citent en premier lieu, à 68%, le fait que le produit soit 100% français (matières premières, conception, assemblage et production). Ensuite vient la localisation des emplois pour 40% du panel puis dans une moindre proportion la localisation du siège social (7%) et le respect du code du travail français (4%). L’intérêt pour les dirigeants de respecter une charte du Made in France dans la production et distribution de
leurs produits et services réside principalement dans les bénéfices que cela apporte à l’image de marque de l’entreprise (31%), vient ensuite l’avantage que cela apporte d’être référencé plus facilement auprès des départements achats (28%). S’en suit ensuite l’impact positif apporté à la réduction de l’empreinte carbone de l’entreprise (25%) et enfin l’attractivité de l’entreprise en matière d’emploi (16%).

Pour Eric Bonnet, directeur associé au sein de l’agence Insign : « L’écart entre la perception des consommateurs et les dirigeants sur ce qui motive les premiers à consommer français est assez significatif pour retenir que les entreprises ont une vision obsolète de ce qui définit le Made in France. Alors qu’ils pensent que la qualité est la raison première du consommer Made in France, le consommateur est lui sensible au sujet du sourcing local des produits et défend des intérêts liés au patriotisme économique. En particulier, il est attaché au sujet de l’emploi. Pourtant, les dirigeants reconnaissent et sont confiants dans l’engagement de leur salariés, les deux parties
devraient pouvoir donc se retrouver sur cet item qui les rassemble.

Autre point qui les différencie, ce qui définit une marque 100% française, alors que pour le consommateur cette appellation rassemble 3 critères : 100% imaginé et fabriqué en France avec des matières premières d’origine française, seulement 46% des entreprises en ont la même idée.