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De la Saison Africa2020 au Nouveau Sommet Afrique France en passant par le Campus Franco-Sénégalais, notre cœur bat pour l’Afrique.

« Nous avons besoin que les Africains parlent eux-mêmes de l'Afrique ». Le choix d’Emmanuel Macron d’annoncer l’organisation de la Saison des Cultures africaines au Shrine à Lagos, lieu iconique de l’énergie africaine, symbole de la culture musicale nigériane, est loin d’être anodin : il illustrait déjà l’ambition présidentielle d’une nouvelle diplomatie culturelle. Le symbole, aussi, d’une nouvelle génération africaine souhaitant faire bouger les lignes, animée par une richesse et une diversité culturelle incarnée tout autant par le nouvel afrobeat nigérian que les acteurs de Nollywood, par la photographe sud-africaine Zanele Muhol que le designer Pathé’O, ou par l’instagrameuse somalienne Ugaaso Abukar Boocow.

Portée par une jeunesse connectée, une nouvelle image de l’Afrique tend à fortement émerger sur les réseaux sociaux. En réponse au portrait parfois négatif mis en avant dans la presse française et internationale – où l’Afrique est encore trop souvent abordée par le prisme de l’immigration, de la guerre civile, de la corruption, de la pauvreté ou de la maladie – des initiatives comme le hashtag #TheAfricaTheMediaNeverShowsYou ont marqué les prémices d’un changement du regard de l’opinion publique sur l’Afrique. En France, le succès de certains événements, tels que la foire d’art contemporain et de design AKAA – Also Known As Africa, ou le succès de certains designers africains comme la créatrice Sakina M’Sa d’origine comorienne, laissent à penser que les cultures africaines imposent doucement leurs codes dans certaines sphères culturelles. 

Cette richesse culturelle, humaine, industrielle, technologique et sportive du continent est évidente, mais encore largement méconnue en France, marquée par les traces de la France-Afrique et les idées reçues qui peuvent être associées à la diaspora africaine. En 2021, l’image de l’Afrique en France reste encore trop associée à la question migratoire. Emmanuel Macron avait d’ailleurs fait du rapprochement de la France avec les pays africains l’un de ses axes de sa campagne en réaffirmant son engagement à redresser l'image et l'influence françaises en Afrique.

La culture au cœur de la nouvelle diplomatie portée par Emmanuel Macron 

La diplomatie d’influence a pris un virage majeur dont la dimension culturelle est clé. Hérité du passé colonial de la France, le regard des français vers l’Afrique reste encore empreint de clichés et d’idées reçues, voire d’une méconnaissance partielle des réalités d’un continent en profonde transformation. Cette image est encore parfois marquée par la présence militaire de la France en Afrique, présente à travers ses bases et ses opérations ponctuelles dans des pays en crise, accentuée par le retentissement médiatique de l’intervention récente de l’armée française au Sahel pour libérer deux otages français. Les enjeux migratoires de la France, au cœur du débat public et politique, mettent parfois les français d’origine africaine sur le devant de la scène. 

Dans le même temps, les cultures africaines émergent en France par de multiples vecteurs qui bénéficient d’un succès grandissant auprès de l’opinion publique. L’accueil réservé à l’ouvrage Frère d’âme de David Diop, lauréat du Goncourt des Lycéens ; la couverture des exploits de l’équipe camerounaise des Lionnes dans le Mondial féminin de football ; l’engouement pour le film Black Panther confirment ce mouvement à l’œuvre.

Mais l’Afrique a plus à dire et à offrir que sa richesse culturelle. Et si l’écosystème de la culture en Afrique a évolué, ce dynamisme reste encore aujourd’hui trop limité aux frontières d’un continent de plus 30 millions de km2 et 54 états, qui compte plus d’1,2 milliards d’habitants. Des débouchés économiques souvent traités sous le prisme des contrats conclus par la France en matière d’infrastructures et d’énergie notamment, moins sous celui du dynamisme de l'entrepreneuriat africain.

L’Afrique, un continent central, incontournable, où se télescopent tous les défis contemporains. C’est en Afrique que se joue une partie de la croissance du monde.

Fort du dynamisme de la démographie africaine (parmi les 1,2 milliards d’habitants sur son sol, l’Afrique compte 70% de jeunes et plus de 40% des Africains ont moins de 15 ans), l’Afrique est un continent qui va bénéficier d’une dynamique de croissance extra-ordinaire dans les années à venir.  De plus, cette nouvelle génération, plus revendicative, consciente des enjeux sociétaux, va avoir à cœur de produire du changement: dans la manière de faire des affaires ainsi que dans la gouvernance des différents pays et leur système démocratiques.

De plus l’Afrique bouleverse certains marchés, par exemple celui du streaming qui révolutionne le marché de la musique comme l’illustre le partenariat entre l’acteur français avec le service de streaming musical Boomplay (36 millions d'utilisateurs au Nigeria, au Ghana, au Kenya, en Tanzanie, au Rwanda, en Ouganda et en Zambie. Le cabinet PwC prévoit d’ailleurs que la musique nigériane génère 65 millions de dollars en 2022. 

Le PIB du continent Africain devrait renouer en 2021 avec une croissance de 3,4%, indique la BAD dans ses Perspectives économiques en Afrique. Les pays exportateurs de pétrole (dont l’Algérie, le Nigeria et l’Angola) devraient retrouver une croissance économique de 3,1% en 2021. Les économies fortement dépendantes de l’exportation de matières premières (dont l’Afrique du Sud) devraient rebondir de 3,1% cette année. Les économies dépendantes du tourisme (dont le Maroc, la Tunisie ou l’Ile Maurice) devraient connaître une croissance de 6,2% en 2021 portée notamment part leur diversification sectorielle (Informatique, services, etc.). Enfin les pays à l’économie plus diversifiée, comme l’Ethiopie ou la Côte d’Ivoire devraient connaître une croissance de 4,1% en 2021.

Changer l’image de la France en Afrique. Changer l’image de l’Afrique auprès des Français. Donner à voir les role models.

« Je veux montrer au monde l’Afrique que je vois. Bien qu’il ait été ravagé par la guerre, l’avenir de mon pays est très prometteur. Nous sommes à une époque où les médias sociaux sont des sources fiables d’information. C’est instantané ! J’en profite pour mettre en valeur un récit humain et léger de la Somalie. » – Ugaaso Abukar Boocow. 

Une piste centrale pour changer ce regard croisé sont les role models et les mentors. Le rôle des mentors est essentiel auprès d’une génération de jeunes pour les aider à réaliser leurs rêves et s’inspirer de parcours professionnels et personnels singuliers, comme celui, par exemple, du directeur artistique Andrew Dosunmu dont la carrière a débuté à Paris chez Saint Laurent, ou de Chris Saunders, photographe et réalisateur de Johannesburg, qui soutient et valorise le Pantsula, un état d’esprit et un lifestyle s’exprimant à travers le langage, la musique, le code vestimentaire, et une forme de danse narrative, dévoilant l’image d’une Afrique hédoniste.

Les entrepreneurs influents, les créateurs, les chefs, les Youtubeurs et l’ensemble des vecteurs de culture populaire participent grandement à faire évoluer les mentalités. Ceux-ci sont incarnés par des personnalités faisant bouger les lignes, parmi lesquels :

  • L’artiste Wizkid, septième africain le plus influent. Récompensé trois fois en 2017 lors des African Music Awards (Afrima), dont celle de meilleur artiste de l’année ;
  • L’instagrameuse somalienne Ugaaso Abukar Boocow ;
  • Le Chef Loïc Dablé, chef franco-ivoirien, ancien juré de l’émission culinaire panafricaine « Star chef » ;
  • Des journalistes français et afro-descendants, tels que Nadia Lamlili (journaliste marocaine pour Jeune Afrique) ou Mouloud Achour (journaliste franco-algérien, présentateur de l’émission Clique) ;
  • Rebecca Enonchong, lauréate de divers prix auprès d'organisations telles que le Forum Économique Mondial, classée par Forbes comme l’une des 10 Femmes Tech Fondateurs à observer en Afrique durant l'année 2014 ;
  • Abdellah Mallek, entrepreneur algérien de 28 ans qui a fondé l’un des premiers incubateurs de start-up d’Algérie, appelé Sylabs.

Il apparaît également essentiel de montrer que certains combats sociétaux menés en France trouvent également une résonance forte en Afrique, en partie en proie aux mêmes questionnements. La place des femmes dans la société, dans des sphères de pouvoir ou dans d’autres champs tels que le sport est réinterrogée: en donnant de la visibilité à l’Afro-muppie, cette génération de femmes actives en phase avec son temps, Hyper-connectées, ces femmes africaines militantes et entrepreneuses, qui ont fait d’Internet leur plateforme privilégiée pour s’exprimer, s’inventer ou se réaliser, certaines comme de véritables activistes numériques. 

De plus, la mise en avant des femmes africaines emblématiques, symboles de réussite et de liberté est un accélérateur de changement avec par exemple : des sportives, comme les joueuses de football Gabrielle Aboudie O (Cameroun), élue meilleure joueuse de la CAN 2016, ou la nigériane Asisat Oshoala, meilleure buteuse de la CAN Féminine 2016, ou des créatrices comme Duro Olowo, dont les pièces sont portées par Michelle Obama ou Loza Maléombho, créatrice ivoirienne portée par Beyoncé. 

La reconnaissance des droits et de la place des LGBT sont des sujets qui impactent aussi le continent. Par exemple en mobilisant des acteurs comme Zanele Muholi, photographe sud-africaine engagée sur les droits des personnes homosexuelles, particulièrement des lesbiennes.

C’est pour toutes ces raisons que ce grand continent est amené à prendre une place de premier plan sur la scène mondiale dans les années à venir. Et c’est pour cela que chez Insign nous nous sommes engagés depuis longtemps sur le continent Africain. Ce dialogue économique et culturel est pour nous une source de richesse au quotidien.