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NFT : Il est temps de rétablir certaines vérités

Beaucoup de marques sont tentées de lancer leur collection de NFT (Non Fungible Token). Mais elles y vont la fleur au fusil, en partie pour être dans la tendance, en partie pour se frotter à ce qui s’annonce comme l’avenir : les crypto-actifs. Mais souvent mal conseillées, elles prennent des risques importants, car elles ne comprennent pas exactement ce qu’elles mettent en vente. Le sujet est complexe et, Web3 oblige, en perpétuelle évolution. Mais l’enjeu est de taille. Décryptage.

Reprenons depuis le début... 

Un NFT c’est l'association immuable entre un actif digital (image, objet 3D, vidéo, fichier son…) et son certificat d’authenticité. Cette association effectuée sur une Blockchain le rend non-fongible. C'est-à-dire non remplaçable. Sur Ethereum, la blockchain de référence pour les collections de NFTs, on parle de SmartContract comme étant des contrats qui permettent de décrire le sous-jacent de cet actif digital : propriétaire, description (métadonnées), prix, frais de Gas (commissions) et surtout localisation. C'est-à-dire l'endroit où est stocké physiquement l’actif en question.

Le problème, c’est qu’aujourd’hui 95% des NTFs en circulation ne sont pas minés (intégrés sur la blockchain). Seul leur SmartContract l’est. Et lorsqu’on regarde dans le contrat la localisation de l’actif, cela renvoie le plus souvent à une adresse web externe à la blockchain. L’actif est donc stocké dans un environnement web classique (serveur centralisé) ou plus majoritairement dans le réseau décentralisé IPFS (InterPlanetay File System), un réseau de stockage peer-to-peer qui est plus sécurisé et moins risqué qu’un serveur web classique, certes, mais qui n’est pas non plus une Blockchain. Et les conséquences sont nombreuses !

1/ Vous n’êtes pas propriétaires de l’actif

Propriétaire d’un NFT hébergé physiquement sur IPFS ou pire sur un Cloud classique (Google Drive parfois), vous n’êtes en réalité propriétaire que de l’adresse de localisation de l’actif. Et pas de l’actif en question. Car seule l'adresse est minée sur la blockchain et donc vous appartient réellement. Pour résumer, vous ne possédez par l’actif mais les coordonnées GPS de sa localisation.
Si vous décidez d’acheter aujourd’hui un NFT de la collection Bored Ape sur Opensea (marketplace leader dans la vente de NFT), il faudra débourser plus de 100 000$ et l’image du singe triste que vous allez acheter ne vous appartiendra pas.
Vous posséderez de façon immuable et intangible le lien IPFS de localisation où est hébergée l’image.

2/ Votre actif peut disparaître temporairement

L’actif digital n’étant pas encrypté sur la blockchain peut finalement être remplacé par un autre fichier ou pire disparaître. Le développeur du NFT peut mettre une image de ses vacances ou même supprimer l’image. Et là c’est l’erreur 404. Plus rien ne s’affiche. Ce qui est totalement impossible si l’objet digital est réellement physiquement sur la Blockchain.
En mars 2022, CoolCat une célèbre collection de NFT a disparu pendant une semaine parce que les serveurs (externes) hébergeant la collection étaient down. Pire, Opensea continuait à vendre (et les clients à acheter) cette collection (car les images sont mises en cache sur cette plateforme) alors que les NFT étaient mort !

3/ Votre actif peut mourir

La promesse du NFT, sous-tendue par la Blockchain, c’est la pérennité de l’objet dans le temps. Or, on le devine, cette façon de coder les NFT ne donne aucune garantie sur sa durabilité. À partir du moment où l’équipe de développeur, la marque ou encore le créateur héberge l’actif hors de la Blockchain il y a un risque. S'il arrête de payer l’hébergement du serveur par exemple, le NFT meurt. D’où la nécessité pour l'investisseur qui s’intéresse à un projet Web3 de se renseigner sur la qualité intrinsèque du NFT, de s’intéresser au SmartContract qui le décrit et surtout de juger de la qualité de l’équipe, de la roadmap du projet et de sa viabilité dans le temps.

Alors comment éviter ces graves erreurs ?

Tout d’abord, il est nécessaire d’imposer un devoir d’information sur la réalité du contrat et des sous-jacents. Ce qui permettrait à l’acheteur d’investir en connaissance de cause.
Par ailleurs, il s’agira de faire de la fonctionnalité "On-Chain" des NFT une norme en encapsulant l’objet digital directement sur la Blockchain. Ainsi objet et certificat seront définitivement liés et gravés à vie. Cela implique d’y mettre le prix et d’avoir un savoir-faire de codage beaucoup plus évolué. Un NFT On-Chain devrait être largement plus valorisé qu’un NFT Off-Chain car le titre de propriété est sans commune mesure !
Les marques qui se lancent doivent donc vraiment considérer la nature des SmartContracts qu’elles émettent : best practice, code source, On ou Off Chain, optimisation du Gas.

En conclusion, il est possible de faire des NFT qualitatives et de donner un vrai gage de sécurité et une propriété réelle à l’actif digital. Mais il faut arrêter de croire qu’on peut obtenir ce résultat en créant ces NFT sur des Marketplace gratuites. C’est un savoir-faire et un accompagnement précis (technique, économique, juridique) qu’il est nécessaire de considérer ! Sinon gare au bad-buzz !